Rester prudent? Ou relever le pari?
2008-07-12 National Post

Comment investir dans le nouveau CELI

Tous les obstacles législatifs ayant été levés le mois dernier, le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) est devenu officiellement une réalité, et les Canadiens pourront en profiter au début de janvier.

Tandis que le secteur des services financiers se dépêche de mettre en place des produits et des services, l’investisseur moyen ignore toujours comment ces nouveaux régimes d’épargne fonctionneront et, surtout, comment les fonds du CELI doivent être investis.

Le rapport de recherche de Harris/Decima publié la semaine dernière, TFSA Market Assessment, a constaté que seulement 3 % des consommateurs interrogés disaient avoir une très bonne connaissance du CELI, tandis que 40 % avouaient leur complète ignorance. Le sondage a porté sur plus de 2 500 Canadiens le printemps dernier.

En résumé, à compter de 2009, chaque Canadien de 18 ans ou plus pourra verser jusqu’à 5 000 $ par année dans un CELI. Les cotisations sont faites après impôts et, en conséquence, aucune déduction fiscale n’est offerte, à la différence du REER. Cependant, une fois que les fonds sont dans le CELI, ceux-ci peuvent croître en franchise d’impôt et être retirés en tout temps, pour quelque raison que ce soit, et toujours en franchise d’impôt. Les sommes retirées peuvent être remises une année ultérieure.

Les avis sont très partagés sur la façon dont les fonds versés dans le CELI doivent être investis. Certains experts financiers estiment que le CELI contient de l’argent à court terme (une sorte de « fonds d’urgence ») qu’on peut utiliser plusieurs fois au cours de sa vie pour acheter une première voiture, payer les frais d’un mariage, acheter une propriété, etc. et que, en conséquence, les fonds du CELI doivent idéalement être investis dans un instrument hautement liquide et sûr comme un compte d’épargne à intérêt élevé ou un fonds du marché monétaire.

Ce point de vue transparaît aussi dans le sondage Harris/Decimal, qui a constaté que 87 % des Canadiens interrogés prévoient détenir des espèces et des quasi-espèces dans leur CELI. Seulement 39 % des personnes interrogées prévoient détenir des actions dans leur CELI.

Toutefois, le CELI peut se révéler l’endroit idéal pour conserver des actions et d’autres actifs à risque élevé. En règle générale, plus le risque est important, plus le taux de rendement attendu est élevé. Si le rendement est exonéré d’impôt, la récompense provenant de l’investissement dans un actif plus risqué dans un CELI pourrait se révéler tout à fait intéressante.

Qu’arrive-t-il si l’actif risqué pique du nez? Si l’actif est détenu dans un CELI, vous perdrez la possibilité de réclamer une perte en capital pour la baisse de valeur. Cependant, cette perte (selon votre province et votre taux d’imposition, d’une valeur de 24 % au maximum) est acceptable uniquement si vous avez d’autres gains en capital auxquels vous pouvez l’appliquer.

Toutefois, les gains en capital deviennent une denrée beaucoup plus rare : selon le gouvernement fédéral, au cours des 20 prochaines années, plus de 90 % des Canadiens conserveront tout leur actif financier dans un CELI ou un autre instrument d’épargne ayant un objectif fiscal, comme un REER ou un FERR.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de Jamie Golombek et non celles de Gestion d’actifs CIBC inc. Cette information est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas des conseils financiers, de placement, fiscaux, juridiques ou comptables ni une offre ou une sollicitation d'acheter ou de vendre les titres évoqués. Ce document est strictement destiné aux professionnels du placement et non au public. Le matériel et/ou son contenu ne peut être reproduit ou distribué sans le consentement écrit explicite de Gestion d’actifs CIBC